Élimination du cancer du col de l’utérus
Amélioration des taux de vaccination contre les VPH
Faits saillants :
- Le vaccin contre les VPH est sécuritaire et efficace pour prévenir le cancer du col de l’utérus, comme continuent de le démontrer le données(1-7).
- Des programmes scolaires de vaccination contre les VPH et de rattrapage, financés par le gouvernement, sont offerts dans l’ensemble des provinces et des territoires, mais les critères d’admissibilité varient(5).
Presque tous les cas de cancer du col de l’utérus sont dus à une infection à long terme par certains types de virus du papillome humain (VPH). Une infection à un VPH peut aussi causer six types de cancers différents, dont les cancers de la vulve, du vagin, du pénis et de l’anus, de même que certains cancers de la tête et du cou(8). Il existe toutefois des vaccins contre les VPH sûrs et efficaces, qui sont offerts et utilisés au Canada depuis plus de 15 ans(5), et qui peuvent prévenir les types d’infections susceptibles d’entraîner un cancer. Ces vaccins sont le plus efficaces lorsqu’ils sont administrés à un jeune âge, avant toute exposition à un VPH(2-4).
Au Canada, des vaccins contre les VPH sont disponibles depuis 2007, et depuis 2017, l’ensemble des provinces et des territoires offrent des programmes non genrés de vaccination financés par le gouvernement(5). Ces programmes sont un moyen efficace et équitable d’atteindre les jeunes et sont essentiels pour prévenir le cancer du col de l’utérus, mais leur prise en charge financière, leurs critères d’admissibilité et leur accessibilité varient considérablement d’un bout à l’autre du pays. Par exemple, de nombreuses personnes chez qui la vaccination contre les VPH pourrait être bénéfique ne sont pas admissibles aux programmes financés par le gouvernement et se voient ainsi contraintes de dépenser des centaines de dollars pour se faire vacciner. Explorez des mesures précises qui permettraient au Canada de continuer à améliorer et à étendre la vaccination contre les VPH.
Élargir l’admissibilité à la vaccination contre les VPH
L’élargissement de l’admissibilité et de l’accès au vaccin contre les VPH financé par le gouvernement en favoriserait l’abordabilité, l’accès physique et l’acceptabilité tout en maintenant des normes de collecte de données adaptée sur le plan culturel au sein des programmes de vaccination et entre eux. Pour favoriser l’admissibilité et l’accès à la vaccination contre les VPH, on peut offrir le vaccin gratuitement à tout le monde jusqu’à l’âge de 26 ans.
En date de 2025, le Manitoba, l’Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador sont les seules provinces à offrir un accès universel au vaccin contre les VPH jusqu’à l’âge de 45 ans ou à avoir adopté une politique « une fois admissible, toujours admissible ». Au Yukon, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Nunavut, en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan et au Nouveau-Brunswick, le vaccin est offert jusqu’à l’âge de 26 ans. Dans le reste des provinces, en revanche, l’admissibilité est plus limitée.
[Nous devrions] élargir la couverture vaccinale et les critères d’admissibilité [pour] vacciner une plus grande partie de la population, et ce, gratuitement, si possible. En dehors des programmes scolaires, ces vaccins sont très chers.
Natasha Lam, conseillère représentant les patientes et patients, les familles et les personnes aidantes, Partenariat canadien contre le cancer
Privilégier l’équité et la réconciliation
Les personnes privées d’équité – y compris celles qui s’identifient comme membres de la communauté 2ELGBTQIA+ ou d’une minorité visible, celles qui vivent en région rurale ou éloignée et celles provenant de quartiers à faible revenu – peuvent rencontrer certains obstacles intersectionnels distincts dans l’accès aux vaccins contre les VPH(9, 10). Le repérage et l’élimination de ces iniquités et de ces obstacles sont l’une des priorités du Plan d’action, qui préconise aussi la mise en œuvre de mesures propres aux peuples autochtones en ce qui a trait à la vaccination contre les VPH ainsi qu’à la prévention et aux soins du cancer du col de l’utérus chez les Premières Nations, les Inuits et les Métis.
Ces mesures doivent être intégrées dans tout travail visant à améliorer les taux de vaccination contre les VPH au Canada et être mises en œuvre en collaboration avec des partenaires des Premières Nations, inuits et métis. Le Réseau pour la santé publique urbain (UPHN; page en anglais seulement) place l’équité et la réconciliation au centre de son travail collaboratif avec des partenaires de partout au Canada visant à accroître les taux de vaccination contre les VPH chez les populations privées d’équité ainsi que les communautés des Premières Nations, des Inuits et des Métis.
Écoutez Angeline Letendre, vice-présidente et titulaire d’une chaire de recherche, Association des infirmières et infirmiers autochtones du Canada, parler de l’importance de cette priorité.
Récit de progrès
Une approche artistique pour sensibiliser au vaccin contre les VPH
S’appuyant sur des données démontrant le rôle de l’art dans la promotion de la santé, la Première Nation des Kwanlin Dün (site Web en anglais seulement) s’est associée à l’artiste Stormy Bradley, de la Première Nation des Tr’ondëk Hwëch’in, pour faire connaître les vaccins contre les VPH(11). Les œuvres de Stormy sont axées sur la force des femmes autochtones; elles réclament et déstigmatisent la sexualité autochtone tout en critiquant la misogynie dans les médias de masse. En utilisant la méthode du perlage, l’artiste a illustré un VPH, un col de l’utérus sain et un col de l’utérus infecté par un VPH. Des photos de son œuvre ont été présentées sous forme d’affiches dans le cadre d’une campagne visant à sensibiliser le public au vaccin contre les VPH. L’initiative a généré des discussions communautaires importantes, suscité l’intérêt de membres de la communauté et accru considérablement la sensibilisation aux vaccins et la couverture vaccinale au sein de la population locale.

(en anglais seulement)
- Centers for Disease Control and Prevention. (2025). Human papillomavirus (HPV) vaccine safety [Internet]. Accessible à l’’adresse (en anglais seulement) : https://www.cdc.gov/vaccine-safety/vaccines/hpv.html.
- de Sanjosé, S., Serrano, B., Tous, S., Alejo, M., Lloveras, B., Quiros, B. et coll. (2019, 7 janvier). Burden of human papillomavirus (HPV)-related cancers attributable to HPVs 6/11/16/18/31/33/45/52 and 58. JNCI Cancer Spectr, 2(4), pky045. doi : 10.1093/jncics/pky045. PubMed PMID : 31360870; PubMed Central PMCID : PMCPMC6649711.
- Donken, R, van Niekerk, D., Hamm, J., Spinelli, J. J., Smith, L., Sadarangani, M. et coll. (2021, 1er juillet). Declining rates of cervical intraepithelial neoplasia in British Columbia, Canada: An ecological analysis on the effects of the school-based human papillomavirus vaccination program. Int J Cancer, 49(1), 191-199. doi : 10.1002/ijc.33513. PubMed PMID : 33586169.
- Gouvernement du Canada. (2024). Vaccins contre le virus du papillome humain (VPH) : Guide canadien d’’immunisation [Internet]. Accessible à l’’adresse : https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/publications/vie-saine/guide-canadien-immunisation-partie-4-agents-immunisation-active/page-9-vaccin-contre-virus-papillome-humain.html.
- Goyette, A., Yen, G. P., Racovitan, V., Bhangu, P., Kothari, S.et Franco, E. L. (2021, 22 février). Evolution of public health human papillomavirus immunization programs in Canada. Curr Oncol, 28(1), 991-1007. doi : 10.3390/curroncol28010097. PubMed PMID : 33617515; PubMed Central PMCID : PMCPMC7985769.
- Palmer, T. J., Kavanagh, K., Cuschieri, K., Cameron, R., Graham, C., Wilson, A. et coll. (2024, 7 juin). Invasive cervical cancer incidence following bivalent human papillomavirus vaccination: a population-based observational study of age at immunization, dose, and deprivation. J Natl Cancer Inst, 116(6), 857-865. doi : 10.1093/jnci/djad263. PubMed PMID : 38247547.
- Racey, C. S., Albert, A., Donken, R., Smith, L., Spinelli, J. J., Pedersen, H. et coll. (2020, 1er janvier). Cervical intraepithelial neoplasia rates in British Columbia women: A population-level data linkage evaluation of the school-based HPV immunization program. J Infect Dis, 221(1), 81-90. doi : 10.1093/infdis/jiz422. PubMed PMID : 31504649; PubMed Central PMCID : PMCPMC6910877.
- Centre international de recherche sur le cancer. (2007). IARC monographs on the evaluation of carcinogenic risks to humans, vol. 90: Human papillomaviruses [consulté le 1er juillet 2024]. Accessible à l’’adresse (en anglais seulement) : https://publications.iarc.who.int/Book-And-Report-Series/Iarc-Monographs-On-The-Identification-Of-Carcinogenic-Hazards-To-Humans/Human-Papillomaviruses-2007#:~:text=This%20ninetieth%20volume%20of%20the,available%20during%20the%20past%20decade.
- Amiling, R., Winer, R. L., Newcomb, M. E., Gorbach, P. M., Lin, J., Crosby, R. A. et coll. (2021, 2 décembre). Human papillomavirus vaccination coverage among young, gay, bisexual, and other men who have sex with men and transgender women – 3 U.S. cities, 2016-2018. Hum Vaccin Immunother, 17(12), 5407-5412. doi : 10.1080/21645515.2021.2005436. PubMed PMID : 35213950; PubMed Central PMCID : PMCPMC8904010.
- Henderson, R. I., Shea-Budgell, M., Healy, C., Letendre, A., Bill, L., Healy, B. et coll. (2018, avril). First nations people’s perspectives on barriers and supports for enhancing HPV vaccination: Foundations for sustainable, community-driven strategies. Gynecol Oncol, 149(1), 93-100. doi : 10.1016/j.ygyno.2017.12.024. PubMed PMID : 29605057.
- Flicker, S., Danforth, J. Y., Wilson, C., Oliver, V., Larkin, J., Restoule, J.-P. et coll. (2014). “Because we have really unique art”: Decolonizing research with Indigenous youth using the arts. International Journal of Indigenous Health, 10(1), 16-34. doi: 10.18357/ijih.101201513271.
Suivant : Dépistage primaire par détection des VPH et suivi