Élimination du cancer du col de l’utérus

Le dépistage du cancer du col de l’utérus au Canada

Faits saillants :

  • En 2024 au Canada, la participation au dépistage du cancer du col de l’utérus des femmes âgées de 25 à 69 ans s’élevait à 69 %, contre 74 % en 2017(1).
  • Cette même année, la participation au dépistage du cancer du col de l’utérus était plus faible chez les femmes appartenant à des groupes racisés (49 à 63 %), les immigrantes (65 %), les femmes n’ayant pas la résidence permanente (46 %) et celles qui s’identifiaient comme handicapées (58 %), par rapport à la participation chez les femmes s’identifiant comme non racisées (71 %), nées au Canada (71 %) ou ne s’identifiant pas comme handicapées (70 %), ce qui indique que des efforts accrus sont nécessaires afin d’améliorer l’accès pour les personnes rencontrant des obstacles au dépistage et aux soins. Les taux de participation étaient similaires chez les femmes des zones rurales et des zones urbaines(1).
  • Parmi les femmes âgées de 25 à 69 ans, les taux de participation étaient similaires chez les membres des Premières Nations vivant hors réserve (70 %), les Métisses (71 %) et les populations non autochtones (69 %)(1).

Le dépistage du cancer du col de l’utérus est offert dans chaque province et territoire du Canada. Depuis son adoption, beaucoup moins de personnes reçoivent un diagnostic de cancer du col de l’utérus ou décèdent de cette maladie(2). Les programmes de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus coordonnent la prestation des services, ce qui peut accroître la participation, favoriser le suivi rapide et la rétention et atténuer les méfaits du dépistage. En janvier 2024, de tels programmes existaient dans neuf provinces et étaient en cours de mise en œuvre dans d’autres provinces et territoires.

Des mises à jour des lignes directrices et des processus relatifs au dépistage du cancer du col de l’utérus sont en cours dans tout le pays. Les lignes directrices de chaque province et territoire, notamment sur les âges de début et de fin du dépistage et sur sa fréquence, sont compilées dans le rapport Dépistage du cancer du col de l’utérus au Canada : 2023-2024. En l’absence d’un programme de dépistage organisé, les personnes peuvent s’adresser à un ou une prestataire de soins primaires dans le cadre de leur suivi habituel.

Les provinces et territoires sont à différentes étapes de la planification de la transition vers le dépistage primaire par test de détection des VPH (test VPH), qui est supérieur au test Pap et permet l’autoprélèvement de l’échantillon. Cette transition a déjà eu lieu dans quelques provinces, qui recommandent le dépistage primaire par test VPH tous les cinq ans chez les personnes admissibles âgées de 25 à 69 ans(3,4).

Récit de progrès

Introduction du dépistage organisé du cancer du col de l’utérus dans les territoires

Les Territoires du Nord-Ouest vont mettre à l’essai un programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus – le premier dans les territoires – utilisant le test VPH comme méthode primaire. Environ la moitié de la population des Territoires du Nord-Ouest est membre des Premières Nations, inuite ou métisse, et la majorité (86 %) réside dans de petites collectivités rencontrant plusieurs obstacles à l’accès au dépistage. Actuellement, il appartient aux personnes de demander le dépistage du cancer du col de l’utérus à un ou une prestataire de soins primaires, ce qui fait que certaines passent entre les mailles du filet. L’élaboration d’un programme de dépistage organisé du cancer du col de l’utérus sécurisant sur le plan culturel et fondé sur le dépistage primaire par test VPH favorisera l’accès au dépistage, renforcera les liens et améliorera les résultats cliniques dans l’ensemble des Territoires du Nord-Ouest.

Couverture du dépistage du cancer du col de l’utérus et type de programme

Placez le curseur de votre souris sur chaque province ou territoire pour connaître la couverture du dépistage du cancer du col de l’utérus et l'état du programme.

Légende
Dépistage populationnel organisé
Programme annoncé ou planifié
Dépistage opportuniste
Tableaux de données et notes de bas de page

Pourcentage de femmes (de 21 à 69 ans) qui indiquent avoir subi au moins un test Pap au cours des trois dernières années, 2024

La cible du Canada est qu’au moins 80 % des personnes admissibles de tous les groupes identifiables soient à jour quant au dépistage du cancer du col de l’utérus.

Légende
Cible pour la couverture vaccinale
Statut d’immigration
Lieu
Groupe d’âge
Identité autochtone

Tableaux de données et notes de bas de page

L’adoption du dépistage est indispensable pour éliminer le cancer du col de l’utérus

D’après les données récentes, les taux de participation au dépistage du cancer du col de l’utérus diminuent, ce qui souligne le besoin urgent de renforcer les efforts d’élargissement des critères d’accessibilité au dépistage et de mise en œuvre du dépistage primaire par test VPH, y compris l’autodépistage(1). Il est essentiel d’accroître l’adoption du dépistage pour atteindre l’élimination du cancer du col de l’utérus. Le Canada a fixé pour cible d’avoir 90 % des personnes admissibles à jour quant au dépistage du cancer du col de l’utérus d’ici 2030. En 2024, la participation au dépistage des femmes de 25 à 69 ans allait de 60,4% à l’Île-du-Prince-Édouard à 74,9 % en Saskatchewan.

En plus de la cible globale de 90 %, le Canada s’est fixé comme objectif qu’au moins 80 % des personnes admissibles appartenant à tout groupe identifiable soient à jour quant au dépistage du cancer du col de l’utérus. Plusieurs stratégies sont utilisées pour accroître et améliorer la participation au dépistage dans des groupes identifiables. Par exemple, depuis la mise en œuvre d’un programme de dépistage afrocentrique pour les personnes nouvellement arrivées en Ontario, le taux de dépistage du cancer du col de l’utérus chez les personnes admissibles de cette catégorie est passé de 59 % à 70 % entre 2011 et 2018(5).

Pour en savoir plus sur la participation au dépistage au Canada, veuillez consulter la ressource Feuillets d’information de la santé : tests de dépistage du cancer colorectal, du col de l’utérus et du sein, 2024.

Des recherches et des systèmes de données régis par les Premières Nations, les Inuits et les Métis

Pour mieux combler les lacunes en matière de soins, des partenaires du système de santé donnent la priorité aux recherches et systèmes de données régis par les Premières Nations, les Inuits et les Métis et collaborent avec des communautés de ces groupes pour concevoir conjointement des solutions sur mesure.

Des efforts sont aussi nécessaires pour renforcer le couplage des données sur le cancer et combler leurs lacunes, notamment en recueillant des données sur les identificateurs d’équité afin de mieux savoir qui connaît des disparités et de produire des rapports à partir des données sur la participation au dépistage chez les personnes rencontrant des obstacles, y compris les membres des communautés racisées et 2ELGBTQIA+. Ces rapports apporteront des renseignements exploitables qui aideront à améliorer les programmes et à mieux comprendre la participation au dépistage, et qui orienteront les stratégies visant à en étendre la portée.

Récit de progrès

Équité en matière de participation au dépistage du cancer du col de l’utérus au Manitoba

La prestation de soins plus près du domicile, la mise en place d’outils et de ressources simples d’utilisation et l’intégration d’approches de soins sécurisantes sur le plan culturel facilitent l’accès au dépistage. Au Manitoba, l’autodépistage des VPH est offert comme une stratégie majeure pour améliorer la participation au dépistage de manière générale, et en particulier chez les groupes privés d’équité.

Action Cancer Manitoba a mené, d’avril 2021 à mars 2023, un projet pilote fournissant des trousses de test VPH à domicile aux personnes qui n’avaient jamais participé au dépistage du cancer du col de l’utérus, qui étaient en retard pour le dépistage ou qui rencontraient des obstacles particuliers. D’après les premiers résultats, au moins 90 % des personnes participantes ont trouvé les trousses faciles à utiliser, les choisiraient pour leurs prochains tests et les recommanderaient à leurs amies ou amis(6).

  1. Gouvernement du Canada, Statistique Canada. (2025). Feuillets d’information de la santé : Tests de dépistage du cancer colorectal, du col de l’utérus et du sein, 2024 [Internet]. Accessible à l’adresse : https://publications.gc.ca/collections/collection_2025/statcan/CS82-625-2025001-2-fra.pdf.
  2. Caird, H., Simkin, J., Smith, L., Van Niekerk, D. et Ogilvie, G. (2022, 14 février). The path to eliminating cervical cancer in Canada: Past, present and future directions. Curr Oncol, 29(2), 1117-1122. doi : 10.3390/curroncol29020095. PubMed PMID : 35200594; PubMed Central PMCID : PMCPMC8870792.
  3. BC Cancer. (2023). Cervix self-screening pilot project [Internet]. Accessible à l’adresse (en anglais seulement) : http://www.bccancer.bc.ca/screening/Documents/cervix-self-screening-provider-guide.pdf.
  4. Gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard. (2023). Dépistage du VPH et prévention du cancer du col de l’utérus [Internet]. Accessible à l’adresse : https://www.princeedwardisland.ca/fr/information/sante-i-p-e/depistage-du-vph-et-prevention-du-cancer-du-col-de-luterus.
  5. Nnorom, O., Sappong-Kumankumah, A., Olaiya, O. R., Burnett, M., Akor, N., Shi, N. et coll. (2021, novembre). Afrocentric screening program for breast, colorectal, and cervical cancer among immigrant patients in Ontario. Can Fam Physician, 67(11), 843-849. doi : 10.46747/cfp.6711843. PubMed PMID : 34772714; PubMed Central PMCID : PMCPMC8589122.
  6. Fernandes, B., Dworkin, S., Bunzeluk, K., Turner, D., Baldry, L., Coulter, L, et coll. (éd.). (2023). Elimination of cervical cancer in Canada: Exploring invitation strategies for HPV self-sampling among under screened women [présentation par affiches]. ICSN 2023, Turin, Italie.