Rapport annuel 2025-2026
Le meilleur moment d’agir : prévention et intervention précoce
La prévention du cancer est l’un des moyens les plus efficaces de réduire le fardeau qu’il fait peser sur les personnes, les familles et le système de santé. Cette année, les initiatives canadiennes d’élimination du cancer du col de l’utérus ont connu un essor considérable : les provinces et territoires ont élargi leurs programmes de dépistage et de vaccination contre les VPH et redoublé d’efforts pour planifier la mise en œuvre et rejoindre les populations se heurtant habituellement aux plus grands obstacles en matière de soins. Toutes ces initiatives témoignent d’une vaste transition de l’élaboration de la stratégie à sa mise en œuvre à grande échelle, en vue d’observer des retombées mesurables.
Sur cette page :
- L’élimination du cancer du col de l’utérus à portée de main
- De l’harmonisation à l’action
- Ce qu’il reste à faire
L’élimination du cancer du col de l’utérus à portée de main
Nous pouvons éliminer le cancer du col de l’utérus en l’espace d’une génération. Le Canada est en voie d’atteindre cet objectif d’ici 2040, mais ce sont les décisions prises aujourd’hui qui détermineront l’issue.
L’urgence de la situation repose sur des facteurs humains et financiers. En 2024 seulement, les cancers liés aux VPH ont coûté plus de 300 millions de dollars au système de santé canadien. Le rapport sur les progrès accomplis publié par le Partenariat en janvier 2026 est sans équivoque :

Les possibilités sont réelles, tout comme l’urgence de la situation.
De l’harmonisation à l’action
Cette urgence transparaît dans l’harmonisation accrue à l’échelle nationale. Grâce au leadership indéfectible du Partenariat, les hautes dirigeantes et hauts dirigeants en santé publique – dont l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, le Conseil des médecins hygiénistes en chef et le Comité consultatif national de l’immunisation – ont convenu de l’urgence de coordonner la mise en œuvre de programmes de vaccination contre les VPH en vue d’éliminer le cancer du col de l’utérus. Partout au pays, des provinces et territoires déploient des efforts soutenus en vue d’atteindre des objectifs du Plan d’action pour l’élimination du cancer du col de l’utérus au Canada.
Le Canada doit agir maintenant. Si nous parvenons à porter les taux de couverture vaccinale et de dépistage primaire par test VPH à 90 % à l’échelle du pays, l’élimination prochaine du cancer du col de l’utérus sera réalisable.
– Darren Brenner (Ph. D.), épidémiologiste moléculaire du cancer, départements d’oncologie et des sciences de la santé communautaire, Université de Calgary
Les progrès prennent diverses formes. Avec le soutien du Partenariat, 12 provinces et territoires s’affairent à mettre en place des programmes de dépistage primaire par test VPH, tandis que d’autres partenaires au pays intensifient les initiatives d’autodépistage et de vaccination, ainsi que les campagnes de sensibilisation ciblées auprès des personnes trop souvent laissées pour compte par les programmes de vaccination. Les exemples suivants illustrent bien le passage de la planification à la pratique pour éliminer la maladie :
- L’Île-du-Prince-Édouard a atteint un taux de couverture vaccinale de plus de 80 % contre les VPH (au moins une dose) chez les jeunes de 12 ans. Elle est aussi la première province à avoir mis en place un programme provincial de dépistage par test VPH.
- Par l’intermédiaire du Réseau pour la santé publique urbaine, huit partenaires de différentes provinces mettent en œuvre des stratégies de vaccination ciblées pour les communautés des Premières Nations, inuites et métisses, les personnes nouvellement arrivées ou réfugiées, les personnes 2SLGBTQIA+ et d’autres populations mal desservies.
- Terre-Neuve-et-Labrador demeure la seule province au Canada à avoir atteint la cible d’une couverture vaccinale de 90 % contre les VPH. À la suite de la mise à jour des lignes directrices nationales sur le vaccin contre les VPH, la province est passée cette année à un calendrier de vaccination à une dose contre les VPH (ressource en anglais seulement).
- La Nouvelle-Écosse, qui est passée cette année à un calendrier de vaccination à une dose au lieu de deux contre les VPH (ressource en anglais seulement), demeure dans le peloton de tête pour la couverture vaccinale contre les VPH, 83 % des personnes admissibles ayant reçu au moins une dose.
- L’organisme sans but lucratif Praxus Health a étendu ses campagnes médiatiques bilingues à toutes les provinces, et renforcé ses activités de sensibilisation communautaire en Alberta, par l’entremise d’ambassadrices et d’ambassadeurs de la santé communautaire. Dans cette même province, une vidéo d’information sur le vaccin contre les VPH a été vue par plus de deux millions de personnes – un résultat qui démontre bien l’importance d’aller à la rencontre des communautés.
- La Colombie-Britannique, par l’entremise de son plan d’action sur 10 ans contre le cancer (article en anglais seulement), s’engage à éliminer le cancer du col de l’utérus. Cette année, elle a adopté un calendrier de vaccination à une seule dose contre les VPH et étendu l’admissibilité au vaccin contre les VPH financé par le gouvernement jusqu’à 26 ans pour la plupart des tranches de la population, et jusqu’à 45 ans pour les personnes immunodéprimées, queer et bispirituelles. Elle est aussi devenue la première province à offrir un programme d’autodépistage des VPH, grâce auquel il est possible de prélever soi-même son échantillon, sans passer par du personnel clinicien. L’autodépistage contribue à atténuer les obstacles en permettant aux gens de choisir la modalité de dépistage du cancer du col de l’utérus qui leur convient le mieux.
- En novembre 2025, l’Alberta a mis en œuvre une stratégie progressive visant à offrir le dépistage par test VPH aux personnes de 50 à 69 ans partout dans la province. L’Alberta poursuit sa transition visant à proposer cette modalité de dépistage à d’autres groupes d’âge et explore les possibilités d’autodépistage des VPH.
- Cette année, les Territoires du Nord-Ouest ont franchi une étape importante avec la mise en œuvre des lignes directrices de pratique clinique actualisées sur le dépistage du cancer du col de l’utérus, qui appuient la transition vers le dépistage primaire par test VPH, dont l’autodépistage. Pour améliorer l’équité d’accès aux tests, le territoire a lancé un projet pilote d’envoi par la poste de trousses de test VPH par autoprélèvement, ce qui offre aux personnes des collectivités rurales et éloignées une solution pratique leur évitant d’avoir à se rendre dans une clinique de soins primaires pour passer un test un dépistage du cancer du col de l’utérus.
- Des plans sont aussi en cours pour mettre en place un collectif territorial visant l’élimination du cancer du col de l’utérus, ce qui favorisera la coordination interterritoriale des initiatives de dépistage et de vaccination contre les VPH.
Ce qu’il reste à faire
Malgré ces progrès, des lacunes persistent. Pour parvenir à éliminer la maladie, il faudra améliorer de façon durable les taux de vaccination et de dépistage dans l’ensemble des provinces et territoires, en concentrant les efforts sur les populations confrontées aux plus grands obstacles.
L’un des grands défis de l’élimination du cancer du col de l’utérus est de rejoindre les femmes chez qui les taux de dépistage et de vaccination sont traditionnellement insuffisants. Il est essentiel de comprendre et de lever les obstacles liés à l’accès aux programmes de dépistage et de vaccination afin de mieux répondre aux besoins des différentes populations et de réduire les taux de cancer du col de l’utérus.
– Dre Gina Ogilvie, titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau 1 sur la lutte mondiale contre les maladies et les cancers liés au VPH et leur prévention, Université de la Colombie-Britannique
La voie vers l’élimination est claire : la priorité est désormais d’assurer une mise en œuvre uniforme et axée sur l’équité à l’échelle nationale. Grâce à ses contributions à la Stratégie nationale d’immunisation intérimaire (2025-2030) et à sa collaboration continue avec des partenaires nationaux, provinciaux, territoriaux et internationaux, le Partenariat favorise une meilleure coordination des interventions pancanadiennes.