Rapport annuel 2025-2026

Un diagnostic plus précoce et plus équitable

La détection précoce du cancer peut améliorer les chances de réussite du traitement et réduire considérablement le coût des soins. Cette année, le Partenariat a continué d’élargir les programmes de dépistage organisé, de collecter des données probantes et d’améliorer les outils d’aide à la décision ainsi que l’accès à un diagnostic plus précoce et plus équitable.

Les travaux, qui portent sur les cancers du poumon, du sein, du col de l’utérus et colorectal, mettent de plus en plus l’accent sur un accès rapide et équitable à des soins de qualité ainsi que sur l’accompagnement des personnes pour les aider à s’orienter dans le système et à obtenir des services de prévention et de suivi.

Sur cette page :

Une approche plus connectée contre le cancer du poumon

Le cancer du poumon demeure la première cause de décès par cancer au Canada. Au pays, 70 % des cas sont encore diagnostiqués à un stade avancé, alors que le traitement est plus difficile, que le pronostic est moins favorable et que les coûts pour le système sont les plus élevés. C’est pourquoi il est primordial de garantir et d’élargir l’accès à des programmes de dépistage organisé, et d’orienter plus tôt les personnes vers des services d’aide à l’abandon du tabagisme.

Au Canada, les provinces transforment leurs projets pilotes en programmes de dépistage organisé du cancer du poumon :

  • L’Alberta poursuit le dépistage chez les personnes admissibles dans le cadre de son programme pilote et se penche actuellement sur les données de son projet pilote de dépistage du cancer du poumon mené de 2022 à 2026.
  • La Nouvelle-Écosse a lancé un programme de dépistage du cancer du poumon dans ses régions du centre et de l’est, lequel sera étendu aux régions du nord et de l’ouest dans les prochains mois.
  • Le Québec s’est appuyé sur les leçons tirées de son projet pilote pour orienter la mise en œuvre progressive du dépistage du cancer du poumon, qui est en cours d’expansion à d’autres régions, notamment les zones rurales et éloignées.
  • Terre-Neuve-et-Labrador a étendu la portée du dépistage du cancer du poumon à l’ensemble de la province et s’est engagée à pérenniser le programme.
  • En juillet 2025, la Saskatchewan a lancé le programme LungCheck (page en anglais seulement), un programme de dépistage et de prévention du cancer du poumon, selon une approche de mise en œuvre progressive. En mars 2026, le programme était en place dans deux collectivités, y compris dans le nord de la province, afin de contribuer à améliorer l’accès aux services pour les collectivités mal desservies et les personnes présentant un risque élevé. Un élargissement de sa portée est prévu pour 2026.
  • Le Manitoba a reçu des fonds supplémentaires en soutien à la mise en place d’infrastructures pour un futur programme de dépistage du cancer du poumon.

L’équité est au cœur de ces travaux. Les partenaires ont mobilisé 54 organisations des Premières Nations, inuites et métisses ainsi que 18 partenaires dont le travail est axé sur l’équité pour orienter la conception, les activités de sensibilisation et les critères d’admissibilité des programmes, en vue d’améliorer l’accès au dépistage chez les personnes et les communautés présentant le plus grand risque de cancer du poumon.

Intégration de l’abandon du tabagisme dans les soins contre le cancer

L’abandon du tabagisme augmente de 40 % les chances de survivre au cancer, rend le traitement plus efficace et moins toxique, et réduit les coûts pour le système de santé. Partout au pays, les partenaires ont continué d’aider les gens à cesser de fumer en intégrant des services d’abandon du tabagisme dans les soins contre le cancer.

L’abandon du tabagisme est désormais intégré de façon plus systématique aux trajectoires de soins, notamment dans les programmes de dépistage du cancer du poumon, où les personnes peuvent obtenir des services de soutien dès le départ. Presque tous les centres de cancérologie du Canada offrent désormais ce type d’intervention, changement important par rapport aux années précédentes, où l’accès à ces services était plus limité. Les connaissances issues du Réseau pancanadien d’abandon du tabagisme en lien avec les soins contre le cancer continuent d’orienter la pratique, notamment dans un article publié dans le Journal of Thoracic Oncology en juin 2026 (en anglais seulement).

L’évolution des travaux repose sur la qualité des programmes et la sécurisation culturelle. Un groupe de travail pancanadien a mis à jour la Liste de vérification de la mise en œuvre de l’abandon du tabagisme dans les soins contre le cancer, en accordant une attention particulière à l’amélioration des mesures de soutien destinées aux populations des Premières Nations, inuites et métisses. Les outils actualisés seront accessibles en 2026.

 En outre, un nouveau projet du gouvernement du Nunatsiavut vise à réduire la consommation de tabac commercial et le vapotage dans cinq collectivités. Grâce à l’élaboration de stratégies communautaires, le projet placera les perspectives inuites sur le tabagisme et le vapotage au cœur de la conception d’une approche régionale de prévention, de réduction et d’abandon.

Cette année, le Partenariat a invité des partenaires spécialisés dans l’abandon du tabagisme et le dépistage du cancer du poumon à échanger des connaissances sur l’offre d’approches de soins plus sécurisantes sur le plan culturel. Cette coordination permet aux programmes de dépistage du cancer du poumon de tirer parti des travaux antérieurs sur l’abandon du tabagisme. Les partenaires intègrent ainsi des mesures d’aide à l’abandon du tabagisme dans les modèles de dépistage et adaptent leurs ressources aux réalités des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

En améliorant l’accès au dépistage, nous contribuons à faire en sorte que plus de personnes présentant un risque élevé de cancer du poumon obtiennent un diagnostic à un stade plus précoce et soient prises en charge plus rapidement, ce qui peut avoir des effets importants sur leur parcours thérapeutique. Le soutien et le leadership du Partenariat ont été essentiels à cet égard au Canada. 


– Dr Christian Finley, chirurgien thoracique, hôpital St. Joseph’s Healthcare, Hamilton; responsable clinique du dépistage du cancer du poumon en Ontario; conseiller clinique du Partenariat

En Colombie-Britannique, BC Cancer s’est inspiré de travaux antérieurs soutenus par le Partenariat en matière d’abandon du tabagisme pour apporter des changements concrets au point d’intervention. Au centre de cancérologie régional de Prince George de BC Cancer, les patientes et patients peuvent désormais obtenir, lors de leur premier rendez-vous, l’équivalent d’une semaine de deux types de thérapies de remplacement de la nicotine (TRN), ainsi qu’une brève consultation avec le personnel infirmier. Les personnes participant à une consultation virtuelle reçoivent leur TRN par la poste. Après avoir été lancé en 2023 à titre de projet pilote pour réduire les obstacles auxquels se heurtent les personnes atteintes de cancer dans les collectivités nordiques, rurales et éloignées, le programme est désormais permanent au centre de Prince George et assure un lien avec le programme provincial d’aide à l’abandon du tabagisme, qui offre 12 semaines de TRN à titre gratuit.

Un système de dépistage plus connecté

Le Partenariat joue un rôle important pour mettre les données probantes à la disposition des partenaires de tout le pays. Cette année, les quatre réseaux pancanadiens de dépistage du cancer (sein, poumon, utérus et colorectal) se sont réunis pour favoriser l’échange des connaissances et l’harmonisation des pratiques.

Les provinces et territoires s’appuient sur des analyses de l’environnement portant sur les programmes de dépistage pour améliorer le recrutement, le suivi et la qualité, surtout pour les populations mal desservies. Ces mesures permettent aux décisionnaires d’accéder à des données probantes actuelles et crédibles.

Renforcement du dépistage des cancers du sein et colorectal

Le Partenariat continue de soutenir l’amélioration des programmes de dépistage des cancers du sein et colorectal, d’autant plus que les provinces et territoires doivent s’adapter à l’évolution des données probantes et des lignes directrices.

En matière de dépistage du cancer colorectal, un groupe de travail national a publié un Mémoire de surveillance sur l’âge de début du dépistage du cancer colorectal, qui synthétise les données probantes relatives à l’abaissement de l’âge recommandé de 50 à 45 ans.

Les provinces et territoires peuvent s’en servir pour éclairer leurs décisions, notamment concernant l’incidence accrue du cancer colorectal chez les jeunes, les taux actuels de participation au dépistage et les répercussions sur les ressources en santé et les capacités du système.

En mai 2025, le Nunavut a lancé son tout premier programme de dépistage du cancer colorectal à Rankin Inlet. Un an plus tard, ce programme avait été étendu à 22 des 25 collectivités du territoire.

Personnes participant à l’événement de lancement du programme de dépistage du cancer colorectal à Cambridge Bay, au Nunavut.

Des membres de la collectivité participent à l’événement de lancement du programme de dépistage du cancer colorectal dans la région de Kitikmeot, à Cambridge Bay, au Nunavut. (9 septembre 2025)

Avec le soutien du Partenariat canadien contre le cancer, nous avons misé sur les approches communautaires en santé publique, qui rapprochent des collectivités les initiatives de prévention et de promotion de la santé grâce à une mobilisation locale, à des partenariats et à des activités de sensibilisation adaptées aux réalités culturelles.


– Dre Ekua Agyemang, administratrice en cheffe de la santé publique du Nunavut

En outre, le Partenariat a collaboré avec ses partenaires pour publier, en décembre 2025, un rapport actualisé sur les indicateurs de la qualité du dépistage du cancer colorectal, fournissant ainsi des données qui permettent d’assurer le suivi du rendement des programmes de dépistage du cancer colorectal et d’optimiser leur qualité et leur prestation.

En matière de dépistage du cancer du sein, le Partenariat continue de réunir des partenaires provinciaux et territoriaux pour favoriser les échanges sur les priorités des programmes et la prise de décision partagée, dans un contexte ou des administrations ont abaissé l’âge d’admissibilité au dépistage du cancer du sein de 50 à 40 ou 45 ans, ou sont en voie de le faire.

Atténuation des obstacles au diagnostic

L’amélioration de l’accès à un diagnostic en temps utile demeure une priorité essentielle, particulièrement pour les populations qui se heurtent à des obstacles systémiques.

Cette année, le Partenariat a soutenu six projets de partenaires dans cinq provinces et territoires visant à mettre en œuvre des modèles de soins axés sur le diagnostic précoce pour les populations des Premières Nations, inuites et métisses et d’autres groupes mal desservis. En voici des exemples :

  • En Alberta, un projet conçu conjointement avec des organismes communautaires a débouché sur les premières trajectoires de diagnostic du cancer de la province pour les personnes en situation d’itinérance, lesquelles prévoient l’intégration dans les soins de services de soutien en matière de logement, de transport et de santé mentale.
  • En Saskatchewan, le soutien du Partenariat a permis de créer le tout premier poste d’intervenante ou intervenant-pivot issu des Premières Nations et des Métis de la province, et ainsi d’améliorer la coordination et la prestation de soins adaptés sur le plan culturel dans les collectivités nordiques.
  • À l’Île-du-Prince-Édouard, des activités de planification sont en cours pour améliorer la rapidité et la coordination du diagnostic du cancer du poumon grâce à la conception d’une trajectoire diagnostique provinciale. Ce travail de fond améliorera l’accès aux soins et l’accompagnement des patientes et patients au début du parcours de soins, surtout pour les personnes qui n’ont pas de prestataire de soins primaires.

Ensemble, ces initiatives montrent bien que l’amélioration du diagnostic ne repose pas que sur l’élargissement des programmes de dépistage, mais aussi sur des initiatives visant à permettre aux personnes d’accéder aux soins et de cheminer efficacement dans le système.