Analyse de rentabilité visant à améliorer l’accès au dépistage lié à l’oncofertilité au Canada
Lisez des recommandations pour améliorer l’accès aux informations, au soutien et aux services en matière de fertilité pour les personnes adolescentes et jeunes atteintes de cancer.
Plus de 200 000 Canadiennes et Canadiens reçoivent un diagnostic de cancer chaque année, dont 8 000 sont des personnes adolescentes et jeunes adultes (AJA) âgées de 15 à 39 ans, pour lesquelles la survie à 5 ans est de plus de 80 %.
Pour améliorer les soins et le soutien offerts aux enfants et aux AJA atteints de cancer, l’accent doit être mis sur le succès de la survie au-delà du traitement, y compris l’accès en temps utile à de l’information sur les répercussions potentielles du traitement sur la fertilité et les options de préservation de la fertilité existantes. D’après l’Organisation mondiale de la Santé, les gens et les couples ont le droit de décider du nombre d’enfants qu’ils désirent, du moment où ils les conçoivent et de l’intervalle de temps qui sépare chaque naissance. Une option permettant de prévenir l’infertilité chez les personnes atteintes de cancer consiste à préserver la fertilité, qui est un élément important de la réalisation du droit d’avoir une famille.
En 2019, le Partenariat canadien contre le cancer (le Partenariat), en collaboration avec le Réseau national sur les AJA, a publié le Cadre canadien sur les soins et le soutien aux adolescents et aux jeunes adultes atteints de cancer. La vision de ce Cadre national consiste à ce que toutes les personnes AJA atteintes de cancer au Canada reçoivent des soins optimaux et adaptés à leur développement ainsi qu’un soutien complet durant la survie qui améliorent leurs résultats et leur permettent de jouir d’une grande qualité de vie. Il est possible de mettre en œuvre une mesure accélérée dans le Cadre canadien visant à améliorer l’accès à l’information sur la fertilité et à des options abordables de préservation de la fertilité en tirant parti des initiatives prioritaires actuelles du Partenariat.
Recommandations pour améliorer l’accès aux informations, au soutien et aux services en matière de fertilité
1. Améliorer la couverture des services d’oncofertilité pour toutes les personnes atteintes de cancer
Les coûts de préservation de la fertilité ne sont souvent pas couverts par les assurances. Certaines provinces ou certains territoires disposent d’une couverture complète des services de fertilité en raison des obligations imposées aux compagnies d’assurance, et d’autres ont récemment commencé à rendre obligatoire la couverture de la préservation de la fertilité. À l’heure actuelle, il n’existe aucune aide normalisée, par le biais du gouvernement ou d’autres programmes, pour les services de fertilité au Canada. De plus, les coûts varient considérablement entre les patients et les patientes. Les obstacles financiers, tels que les coûts immédiats, les coûts permanents d’entreposage des échantillons et les coûts du traitement futur pour atteindre les objectifs de fertilité, continuent d’influencer considérablement la décision des AJA de subir ou non des procédures de préservation de la fertilité. Les autres approches axées sur les coûts comprennent la mise en œuvre de modalités flexibles de paiement différé pour les patients et patientes ainsi que l’octroi d’un certain niveau de subventions gouvernementales pour les services d’oncofertilité. L’objectif sera d’améliorer la couverture des régimes provinciaux et territoriaux d’assurance maladie afin de financer les traitements d’oncofertilité pour obtenir un accès équitable pour l’ensemble de la population canadienne.
Pour en savoir plus sur la couverture des services de fertilité, consultez ce tableau comparatif ou téléchargez cette carte.
2. Intégrer une question d’incitation au dépistage lié à l’oncofertilité dans les outils d’évaluation des résultats déclarés par les patients et patientes
Identifier les patientes et patients atteints de cancer qui souhaiteraient discuter des risques potentiels liés à la fertilité avec leur clinicien en cancérologie et les orienter vers des spécialistes de la fertilité appropriés, au besoin. Pour identifier les patients et patientes qui pourraient bénéficier d’une discussion sur la fertilité, une question d’incitation au dépistage lié à l’oncofertilité peut être posée avant le début du traitement. Il est recommandé que cette question incitative soit posée à toutes les personnes atteintes de cancer en âge de procréer et tout au long du traitement d’un patient ou d’une patiente au centre de cancérologie.
3. Élaborer et mettre en œuvre un protocole d’orientation clinique durable
Mettre en œuvre un protocole d’orientation clair pour communiquer efficacement avec les services de préservation de la fertilité afin de garantir qu’une consultation et d’éventuelles procédures peuvent être organisées en temps utile, le cas échéant, avant le début du traitement du cancer. Les protocoles doivent être culturellement sécurisants pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis et accessibles à toutes les personnes atteintes de cancer (notamment les groupes méritant l’équité).
4. Élaborer, promouvoir et partager les ressources éducatives sur l’oncofertilité
La sensibilisation aux ressources et leur adoption sont nécessaires pour une prise de décision éclairée par les patients et patientes. Souvent, les personnes atteintes de cancer ne sont pas informées des risques liés à la fertilité et des options de préservation de celle-ci lors de la planification du traitement. L’expertise des médecins influence la décision d’un patient ou d’une patiente en ce qui concerne la préservation de la fertilité. Il est important que les médecins et les autres prestataires de soins de santé connaissent l’importance de la sensibilisation des patients et patientes et des risques liés à la fertilité, en plus d’avoir des connaissances sur les centres de fertilité locaux, de fournir une orientation et de donner aux patients et patientes le temps d’accéder aux services de préservation de la fertilité. La documentation éducative devrait être élaborée en mettant l’accent sur l’équité et devrait être adaptée à la culture, de sorte qu’elle soit accessible à toutes les personnes atteintes de cancer (notamment les Premières Nations, les Inuits et les Métis ainsi que les groupes méritant l’équité).
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