Rapport annuel 2025-2026

Avancement de la réconciliation grâce au leadership des Premières Nations, des Inuits et des Métis

Encore cette année, le Partenariat et ses partenaires des Premières Nations, inuits et métis ont poursuivi leur transition de la planification à la mise en œuvre, en accordant une place croissante à la réconciliation dans le financement, la gouvernance, l’évaluation et la pérennisation des priorités du système de lutte contre le cancer.

À l’aube de la dernière année de son plan d’affaires 2022-2027, le Partenariat demeure sur la bonne voie à l’égard de trois priorités interreliées : des soins adaptés à la culture dispensés plus près du domicile; des soins propres aux peuples autochtones et déterminés par eux; et des recherches et des systèmes de données régis par les Premières Nations, les Inuits et les Métis.

Ces progrès se reflètent dans l’ampleur et la profondeur des travaux en cours réalisés par les partenaires. Le Partenariat a conclu, dans l’ensemble des provinces et territoires ainsi qu’à l’échelle nationale, 60 accords de financement, dont 8 cette année seulement. Les projets financés devraient avoir des retombées positives pour plus de 750 communautés, organismes et gouvernements des Premières Nations, inuits et métis.

La façon dont le Partenariat et ses partenaires mènent ces travaux est au cœur des retombées qu’ils génèrent. La grande majorité des accords de financement, soit 95 % d’entre eux, concernent des projets dirigés ou codirigés par des gouvernements, des associations ou des organismes des Premières Nations, inuits ou métis. Collectivement, ces projets sont menés en collaboration avec plus de 190 de ces partenaires.

Sur cette page :

Renforcement de l’offre de soins adaptés à la culture dispensés plus près du domicile

Partout au pays, nos partenaires des Premières Nations, inuits et métis font avancer des modèles de soins qui reflètent les priorités communautaires, la sécurisation culturelle et les réalités locales.

Cancer Care Alberta a établi des relations respectueuses et collaboratives avec des communautés et organismes des Premières Nations et métis par l’intermédiaire du cercle de partage « Strengthening Indigenous Cancer Care Together » (améliorer ensemble les soins contre le cancer destinés aux Autochtones). Le cercle s’est considérablement renforcé tout au long du projet, grâce à la participation de l’Otipemisiwak Métis Government, du Metis Settlements General Council, de la Confédération des Pieds-Noirs, de G4 Health, de la Confederacy of Treaty No. 6 First Nations et des Treaty 8 First Nations of Alberta.

Cancer Care Alberta a aussi instauré des changements concrets pour offrir aux personnes atteintes d’un cancer une expérience plus sécurisante sur le plan culturel :

  • Distribution de 32 trousses de purification par la fumée et élaboration d’un module de microapprentissage pour appuyer cette pratique chez les personnes atteintes d’un cancer dans six centres de cancérologie;
  • Création de quatre postes afin de renforcer le soutien offert aux personnes autochtones atteintes d’un cancer et à leur famille;
  • Lancement de sept modules de microapprentissage destinés au personnel de première ligne, portant sur les communautés locales et sur la prestation de soins plus sécurisants sur le plan culturel au quotidien;
  • Création d’un nouveau cahier de préparation aux relations avec les Autochtones pour aider les équipes à évaluer leur degré de préparation à l’établissement de partenariats authentiques avec les communautés.

Collectivement, ces changements contribuent à élargir l’offre de soins adaptés sur le plan culturel au sein du système de lutte contre le cancer.

Avancement des services de cancérologie propres aux peuples autochtones

Les approches propres aux peuples autochtones transforment aussi la prestation des services de dépistage et de diagnostic du cancer.

Au Québec, les Listuguj Community Health Services et le CISSS de la Gaspésie (Santé Québec) ont élaboré et mis en œuvre conjointement, sous la direction de la communauté mi’gmaq, un modèle de dépistage et de diagnostic du cancer qui sert aujourd’hui plus de 4 000 membres de cette communauté. L’initiative a mené à la mise en place d’un service de dépistage, au renforcement des trajectoires d’orientation et à un meilleur accès au dépistage des cancers colorectal, du sein, du col de l’utérus, du poumon et de la prostate.

Le modèle repose sur une vaste participation communautaire et des activités de sensibilisation pertinentes sur le plan culturel, notamment à l’aide d’émissions de radio, de vidéos et de récits ancrés dans la tradition orale mi’gmaq. Ces approches ont permis d’améliorer la sensibilisation aux services de dépistage et la confiance à leur égard, contribuant ainsi à augmenter la participation et à accélérer le suivi diagnostique.

Ces travaux ont aussi fait évoluer les pratiques au sein du système de santé. Grâce à l’intégration d’approches culturellement sécurisantes dans les services des CISSS et à l’officialisation de la collaboration entre le Québec et les partenaires mi’gmaq, le projet a créé un modèle extensible permettant d’étendre à d’autres communautés mi’gmaq de la région de Gaspé des services de dépistage du cancer plus équitables et axés sur leurs besoins.

Dans le Nord, le Partenariat a soutenu une étape importante de la planification de la lutte contre le cancer propre aux peuples autochtones. Le 20 mars 2026, le gouvernement du Yukon, les gouvernements des Premières Nations du Yukon, le Conseil des Premières Nations du Yukon et la Régie des hôpitaux du Yukon ont lancé la Stratégie de lutte contre le cancer des Premières Nations du Yukon, la toute première stratégie du territoire en la matière et la première du genre à être orientée et dirigée par les Premières Nations du Yukon.

Les représentantes, représentants et signataires de la Stratégie de lutte contre le cancer des Premières Nations du Yukon posent avec une reproduction encadrée de la déclaration de la stratégie lors de l’événement de lancement. (20 mars 2026)
Rangée du haut (de gauche à droite) : L’honorable Brad Cathers, ministre de la Santé et des Affaires sociales du Yukon; Russell Blackjack, chef de la Première Nation de Little Salmon/Carmacks; le Dr Brendan Hanley, député du Parti libéral du Canada; Pamela Hine, présidente du conseil d’administration de la Régie des hôpitaux du Yukon; Barbara Joe, cheffe des Premières Nations de Champagne et d’Aishihik; Elizabeth Bosely, cheffe du Conseil de Teslin Tlingit; Kyla Magun, membre du conseil de la Première Nation de Liard; le Dr Sudit Ranade, médecin hygiéniste en chef.
Rangée du bas (de gauche à droite) : Tia Albers, membre du conseil d’administration de la Yukon Nurses Alliance; Pauline Frost, cheffe de la Première Nation des Gwitchin Vuntut; Doris Bill, membre du comité consultatif sur la transformation du système de santé; Math’ieya Alatini, grande cheffe du Conseil des Premières Nations du Yukon; Ruth Massie, cheffe du Conseil des Ta’an Kwäch’än; Erin McQuiag, cheffe adjointe de la Première Nation des Tr’ondëk Hwëch’in.
Photo : Gouvernement du Yukon

Élaborée conjointement sur plusieurs années dans le cadre du projet de soins contre le cancer chez les Premières Nations du Yukon, et bénéficiant, depuis 2018, du soutien du Partenariat, cette stratégie définit une vision commune pour améliorer les soins contre le cancer tout en intégrant le point de vue et les priorités des Premières Nations du Yukon dans la planification et la prestation des services de santé. Elle met l’accent sur le rapprochement des soins du domicile et priorise la prévention, le dépistage ainsi que l’accompagnement des patientes et patients.

Bien que la stratégie soit axée sur les besoins des Premières Nations du Yukon, bon nombre des mesures qu’elle prévoit devraient améliorer l’expérience et les résultats en cancérologie de l’ensemble de la population yukonnaise.

Avancement des recherches et des systèmes de données régis par les Premières Nations, les Inuits et les Métis

Cette année encore, les recherches et les systèmes de données régis par les Premières Nations, les Inuits et les Métis sont demeurés une grande priorité, ce qui témoigne de l’importance de l’autodétermination dans la collecte, la gouvernance, l’interprétation et l’utilisation des données.

En mars 2026, le Partenariat a mis sur pied son tout premier Comité directeur sur les données et la gouvernance des données des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Ce dernier participera à l’élaboration d’une approche visant à cerner les priorités autodéterminées des peuples autochtones ainsi qu’à mettre au point des indicateurs à l’échelle du système afin d’orienter les efforts de réduction des iniquités en santé.

Le Partenariat a aussi réuni une Communauté de pratique sur les recherches et les systèmes de données régis par les Premières Nations, les Inuits et les Métis, regroupant 36 participantes et participants représentant 15 partenaires financés dans 11 provinces et territoires. La rencontre portait sur les priorités de recherche autodéterminées des Inuits, notamment les leçons tirées du programme de recherche Qanuinngitsiarutiksait, les méthodes de recherche dirigées et régies par les Inuits, ainsi que l’importance de mieux faire entendre les voix inuites en ce qui concerne les données sur la santé, la gouvernance et la prestation des services.

Ces efforts contribuent à consolider les fondements de systèmes de données et de recherche sur le cancer qui sont non seulement plus adaptés mais aussi plus arrimés aux priorités, aux modes de gouvernance et aux modes de connaissance des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Soutien à l’échange de connaissances et à la pérennité

Au fil de l’évolution des projets de ses partenaires, le Partenariat soutient également des occasions permettant à ces derniers d’échanger leurs connaissances, de tisser des liens et de planifier dans une optique de durabilité.

En septembre 2025, le Partenariat a organisé une réunion de transfert et d’échange des connaissances dans le cadre d’une initiative portant sur les Premières Nations, les Inuits et les Métis, qui a réuni 57 personnes représentant 35 organismes partenaires financés. Axée sur la durabilité, cette rencontre a permis aux partenaires d’échanger des stratégies visant à étendre et à pérenniser des initiatives à l’appui d’objectifs à long terme.

D’autres activités d’échange de connaissances ont soutenu les priorités propres aux peuples autochtones tout au long du continuum des soins du cancer. Un collectif territorial virtuel sur le dépistage du cancer colorectal a réuni des partenaires territoriaux ainsi que des conseillères et conseillers experts afin d’échanger des mises à jour, des pratiques prometteuses et les leçons tirées en matière de dépistage pour les résidentes et résidents des territoires. Dans une rencontre distincte consacrée au transfert et à l’échange de connaissances, des partenaires issus de sept projets financés en soins palliatifs ont pu échanger sur des approches de formation communautaire en soins palliatifs.

Le Partenariat a soutenu le volet consacré aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis de la Conférence canadienne sur la recherche sur le cancer 2025, notamment le lancement des deux premiers prix d’excellence en recherche sur le cancer chez les Premières Nations, les Inuits et les Métis, la tenue de quatre séances simultanées consacrées à ces peuples, l’accueil d’Aînées et d’Aînés et la mise en lumière de produits de connaissance conçus par des Autochtones. Deux présentations lors de l’édition 2026 de la World Indigenous Cancer Conference (conférence mondiale sur le cancer chez les Autochtones) ont reçu un accueil chaleureux : l’une portait sur l’approche du Partenariat consistant à faire progresser les priorités autodéterminées des peuples autochtones en tissant des liens avec les partenaires des Premières Nations, inuits et métis, et l’autre sur son approche ancrée dans la culture et adaptée à chaque peuple visant à favoriser des relations fondées sur un terrain d’entente commun.

Intégration de la réconciliation à l’échelle du Partenariat

Le travail du Partenariat en matière de réconciliation s’est également poursuivi grâce à des relations avec des partenaires stratégiques ainsi qu’à l’interne. Dans le cadre de son Plan de mobilisation stratégique des Premières Nations, des Inuits et des Métis, le Partenariat a tenu 14 réunions avec des leaders d’organismes des Premières Nations, inuits et métis afin de cerner les occasions de faire progresser les priorités communes.

En mai 2026, le Partenariat a officialisé sa relation de longue date avec le Ralliement national des Métis par la signature d’un accord de relations, qui décrit la façon dont les organismes vont interagir et soutenir leurs intérêts communs. Cette signature est l’aboutissement d’une collaboration amorcée en 2007 pour favoriser des changements systémiques et combler les lacunes dans les soins contre le cancer offerts aux personnes et aux communautés métisses. Il s’agit du deuxième accord de relations du Partenariat, après celui conclu en 2022 avec l’Association des gestionnaires de santé des Premières Nations.

Toutes les équipes du Partenariat ont mis en œuvre des plans de travail en matière de réconciliation et continueront à les faire avancer. Le personnel utilise la boîte à outils Awareness to Action (passer de la prise de conscience à l’action) conçue par l’Indigenous Reconciliation Group, afin de traduire les engagements à l’égard de la réconciliation en responsabilités concrètes au sein des équipes. En outre, le Partenariat a continué de renforcer les capacités de son personnel et de son conseil d’administration grâce à des formations sur le savoir-faire culturel et l’humilité culturelle à l’égard des Autochtones et sur les principes de propriété, de contrôle, d’accès et de possession (PCAP®) des Premières Nations, ainsi qu’à d’autres occasions d’apprentissage liées à la gouvernance des données des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Une stratégie relative au consentement des partenaires a également été élaborée, en appui aux principes de gouvernance des données et au consentement des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Cette stratégie revêt une importance particulière, puisque le Partenariat continue d’évaluer et de communiquer les retombées des travaux de ses partenaires dans le respect de la souveraineté des données autochtones.