Comment évaluons-nous les lignes directrices?

Découvrez notre processus pour évaluer les lignes directrices à l’aide de l’instrument AGREE II, la référence absolue pour l’évaluation critique des lignes directrices.

Procédure de recensement et de sélection des lignes directrices

Dans le contexte de la base de données, on définit des lignes directrices comme des documents élaborés par une organisation médicale ou du domaine de la santé, par une association professionnelle ou un ordre professionnel, par un organisme gouvernemental ou par un groupe d’experts, à l’échelon international, national, provincial, territorial, régional ou organisationnel, fournissant des recommandations explicites et comprenant une recherche sur la documentation pertinente.

On a examiné les bases de données et les sites suivants pour y recenser les lignes directrices de pratique clinique, rédigées en anglais, publiquement accessibles, susceptibles d’être incluses dans cette base de données :

  • Les bases de données biomédicales, telles que MEDLINE;
  • Les référentiels spécialisés en lignes directrices, notamment l’Infobanque des GPC et la bibliothèque du G‑I‑N;
  • Les sites Web d’organismes et de réseaux canadiens et internationaux qui élaborent des lignes directrices;
  • Les organisations provinciales, territoriales, nationales et internationales intervenant sur le continuum des soins anticancéreux.

Critères d’inclusion dans la base de données et procédure d’évaluation des lignes directrices et des documents d’orientation

Des lignes directrices doivent respecter les critères A ou B ci‑après pour être incluses dans la base de données

A) Lignes directrices canadiennes ou internationales publiées en anglais :

  1. Abordant un sujet faisant partie du continuum des soins anticancéreux;
  2. Ayant été élaborées par une organisation médicale ou de santé, une société professionnelle, un organisme gouvernemental ou un groupe d’experts, aux échelons international, national, provincial, territorial, régional ou organisationnel;
  3. Mentionnant une recherche documentaire à l’appui de leur conception;
  4. Fournissant des recommandations explicites s’appuyant sur des données probantes;
      • Les recommandations sont des énoncés que l’on peut facilement isoler au sein des lignes directrices, décrivant le moment où une action ou une intervention doit ou ne doit pas être effectuée;
      • Pour qu’une recommandation soit considérée comme fondée sur des données probantes, elle doit inclure une corrélation explicite avec lesdites données, notamment :
        1. Un degré de preuve ou une force de recommandation issus d’un système tel que GRADE;
        2. Un énoncé résumant clairement la documentation publiée à l’appui de la recommandation, comprenant des renseignements sur la qualité, la quantité ou la cohérence de l’ensemble des données probantes (par exemple, « On a trouvé deux ECR de haute qualité à l’appui de cette recommandation […] le degré de certitude des données probantes a été jugé élevé, et l’ampleur des avantages nets pour la santé, permettant d’éviter des traitements potentiellement inefficaces, voire nocifs, ainsi que de promouvoir un accès plus rapide à ce qui pourrait être le prochain traitement le plus efficace, est au minimum modérée… »);
        3. Remarque : Les recommandations établies sur la base d’un consensus peuvent satisfaire à ces critères si elles intègrent une justification de leur établissement sur la base dudit consensus, par exemple sous la forme d’un énoncé décrivant le manque de données probantes publiées ou de bonne qualité dans le domaine concerné. La plupart des systèmes de classement incluent des niveaux définis de preuves pour les recommandations établies sur la base d’un consensus.

B) Documents d’orientation faisant partie des bases de données des principales organisations canadiennes et provinciales du secteur du cancer. Le Partenariat a recensé, en conduisant des consultations avec les parties prenantes, les principales organisations canadiennes et provinciales du secteur du cancer produisant des documents d’orientation. Ces organisations sont particulièrement bien placées pour fournir des conseils pertinents aux échelons national et local.

Les documents d’orientation des principales organisations canadiennes et provinciales du secteur du cancer ont fait l’objet d’une attention particulière et ont été inclus dans la base de données, et ce, même s’ils ne satisfaisaient pas aux critères formels énoncés. Ces documents n’ont pas fait (et ne feront pas) l’objet d’une évaluation de la qualité à l’aide d’AGREE II. Par conséquent, les cotes AGREE II correspondantes ne sont pas fournies. Ces organisations comprennent :

Pourquoi certaines lignes directrices ou certains documents d’orientation sont‑ils accompagnés d’une cote AGREE II et d’autres pas?

Seules les lignes directrices répondant aux critères d’inclusion et ayant été évaluées comme de haute qualité ou de qualité intermédiaire sont accompagnées de cotes AGREE II. Les documents d’orientation ne répondant pas aux critères définissant des lignes directrices de pratique clinique ont également été inclus s’ils ont été élaborés par une organisation faisant partie de notre liste, sans toutefois avoir fait l’objet d’une évaluation AGREE II.

Procédure d’évaluation de la qualité des lignes directrices

Nous avons évalué les lignes directrices de cette base de données en utilisant l’outil Appraisal of Guidelines for Research & Evaluation Instrument (AGREE II).

Les concepteurs de lignes directrices et ceux qui les utilisent partout dans le monde se réfèrent au cadre d’AGREE II pour :

  • Évaluer la rigueur méthodologique et la transparence des lignes directrices;
  • Fournir une stratégie méthodologique pour élaborer des lignes directrices;
  • Servir de base aux types de renseignements que les lignes directrices doivent mentionner et à la façon de le faire.

Fonctionnement d’AGREE II

AGREE II est composé de 23 éléments ciblant la qualité des lignes directrices de pratique dans 6 domaines :

  1. Champ d’application et objectif;
  2. Participation des parties prenantes;
  3. Rigueur d’élaboration;
  4. Clarté et présentation;
  5. Applicabilité;
  6. Indépendance rédactionnelle.

Critères AGREE II utilisés

Pour être incluses dans cette base de données, les lignes directrices de pratique clinique sont d’abord évaluées à l’aide des huit éléments du domaine « Rigueur d’élaboration » d’AGREE II.

  • Les directives dont la cote est égale ou supérieure à 60 % sont ensuite évaluées par deux examinateurs indépendants à l’aide de la version intégrale de l’outil AGREE II.
  • Les directives dont la cote est comprise entre 50 % et 60 % font l’objet d’un examen supplémentaire pour confirmer que le seuil de 60 % est approprié et n’exclut pas indûment des lignes directrices dont la qualité est acceptable.

Pour obtenir des cotes élevées, des lignes directrices doivent établir un lien explicite entre leur utilisation et la collecte appropriée de données probantes issues de la recherche. Elles doivent également reposer sur le travail d’un groupe pertinent et représentatif. Le processus mis en œuvre par ce groupe doit être transparent et reproductible en vue de créer et de mettre en œuvre les recommandations des lignes directrices concernées.

Lorsque des lignes directrices obtiennent des cotes AGREE II plus élevées, cela signifie que leur qualité évaluée est supérieure. Les résultats de ce type indiquent également que les concepteurs des lignes directrices ont utilisé une approche fondée sur des données probantes pour formuler leurs recommandations. AGREE II ne génère pas de cote agrégée.

Garantir des cotes AGREE II fiables

Tous les examens sont menés par des évaluateurs de lignes directrices expérimentés ayant suivi une formation rigoureuse sur l’outil AGREE II Instrument.
Le degré d’accord entre les examinateurs est établi sur la base de l’écart type des cotes qu’ils ont attribuées dans un domaine. Si, pour des lignes directrices données, on observe un désaccord, un troisième examinateur se voit confier la tâche de mener à bien une nouvelle évaluation AGREE II indépendante. Puis, on calcule à nouveau le degré d’accord entre les trois examinateurs. S’il y a toujours désaccord, les examinateurs étudient les lignes directrices concernées et résolvent leurs divergences sur la base d’un consensus.